UOS Linux : faites la connaissance du nouvel OS chinois capable de « booter en 30 s » sur des processeurs locaux et sur lequel le pays compte pour remplacer Windows

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Sur la Chine, il souffle un vent d’incitation à l’utilisation des technologies locales. En effet, les administrations gouvernementales ont, au terme de l’année précédente, reçu pour instruction de supprimer tout le matériel et les logiciels de conception étrangère dans un délai de 3 ans. Grosso modo, la manœuvre est destinée à s’extirper de la dépendance aux technologies américaines en pleine guerre commerciale USA – Chine. Les initiatives autour de la mise sur pied d’un système d’exploitation national se multiplient donc. La dernière en date a pour nom de baptême UOS Linux – Unified Operating System Linux.

Du point de vue de la dénomination, c’est une nouveauté, mais sous le capot, l’effort s’appuie sur une distribution connue du public : Deepin Linux qui existe depuis 2004. En fait, la première version stable de UOS Linux disponible depuis le mois de janvier correspond à la vingtième mouture de Deepin Linux (Deepin Linux v20). C’est le résultat du rachat de Wuhan Deepin Technology (l’entreprise derrière Deepin Linux) par Union Tech – un joint-venture qui met ensemble des entreprises qui appartiennent à l’état chinois avec Wuhan Deepin Technology.

C’est connu, Linux peine à s’imposer sur le desktop et c’est justement sur ce constat que les têtes derrière UOS Linux ont axé son développement. Le groupe (Union Tech) corrige un certain nombre de tares connues pour faire partie des raisons pour lesquelles Linux n’arrive pas à s’imposer dans la filière des systèmes d’exploitation de bureau. Avec la sortie de UOS Linux (ou Deepin Linux v20), l’éditeur assure que le système d’exploitation prend en charge des processeurs de fabricants locaux comme Longsoon et Sunway. La manœuvre est destinée à s’assurer que ce dernier soit installé sur des ordinateurs dotés dudit matériel et livrés aux utilisateurs. Union Tech annonce des temps de démarrage pouvant descendre jusqu’à 30 secondes sur lesdites plateformes. En sus, le groupe annonce des partenariats avec des entreprises comme Huawei dans le but de voir le système d’exploitation installé par défaut sur ses ordinateurs portables. La stratégie vise à faire en sorte que l’OS gagne plus en popularité au niveau national ; une approche qui pourrait avoir des retombées positives pour le système d’exploitation à l’échelle globale… C’est en tout cas ce qu’espèrent les esprits derrière la manœuvre qui veulent prouver que la Chine peut aussi exporter de bons systèmes d’exploitation.

D’après Union Tech, l’OS répond aux besoins quotidiens sur le desktop même s’il ne prend pas en charge de nombreux logiciels professionnels. « Le système d’exploitation national est maintenant pratiquement prêt. Ce n’est pas encore un remplacement à 100 %, mais il répond déjà aux besoins essentiels de l’utilisateur. Son adoption se fera dans le cadre d’un processus progressif », déclare Liu Wenhan – le manager général d’Union Tech.

Alors que l’année précédente tirait à sa fin, China Standard Software Co., Ltd. (CS2C) et Tianjin Kylin Information Ltd. Co. (TKC), deux éditeurs chinois de logiciels qui ont des liens connus avec le gouvernement, se sont mis ensemble dans le même objectif : créer un système d’exploitation national. Tianjin Kylin Information Ltd. Co. (TKC) est le créateur de Kylin, un système d’exploitation développé (en s’appuyant sur FreeBSD) pour l’armée chinoise et présenté pour la première fois en 2007. China Standard Software Co., Ltd. (CS2C) pour sa part est à l’origine de NeoKylin, un produit d’un partenariat avec la National University of Defense Technology ; NeoKylin s’appuie sur le noyau Linux et est le plus populaire des deux OS avec des versions pour desktops, serveurs et systèmes embarqués sous licences commerciales et libres. Lors du lancement des superordinateurs Tianhe-1 et Tianhe-2 en 2010 et 2013 de façon respective, c’est NeoKylin qui a fait office de système d’exploitation.

CS2C et TKC envisagent de créer une nouvelle société dans laquelle ils deviendront investisseurs. C’est au sein de cette dernière que leur système d’exploitation sera développé. La nouvelle société s’occupera du développement du nouveau système d’exploitation, des décisions technologiques, du marketing, de la gestion de la marque, des finances et des ventes. CS2C et TKC ont eu une entente verbale sur un plan d’investissement. Les deux entreprises procéderont à la signature d’une entente officielle à l’avenir. Les versions actuelles de Kylin et NeoKylin serviront de base pour le nouveau système d’exploitation. Signe de la fusion entre les deux : le nouveau système d’exploitation combinera le logo actuel de Kylin OS et le logo NeoKylin OS. Les deux entreprises n’ont pas encore dévoilé le nom du nouvel OS.

À mi-parcours de l’année précédente, l’armée chinoise a, elle aussi, annoncé son intention de remplacer Windows par crainte d’un piratage américain. Elle est donc également lancée sur un projet de système d’exploitation et ce qu’il faut dire est qu’elle ne fait pas non plus confiance à Linux.

Source : scitech china

Et vous ?

Avez-vous déjà fait usage de Deepin Linux ? Qu’en pensez-vous en tant qu’OS ?
Quel est votre avis sur la stratégie adoptée pour sa nationalisation ? Peut-elle permettre à la Chine de se positionner dans la filière des systèmes d’exploitation de bureau à l’échelle mondiale ?
Pourquoi les alternatives à Windows basées sur Linux peinent-elles à s’imposer aux yeux du public ?

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